Les billets de Joseph

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La modernité de la bourgeoise sarthoise

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Être salariée à la maison présente d’immenses avantages, un confort de vie auquel tout le monde aspire -très, très discrètement-. Que le premier qui n’y a pas pensé lui jette la première pierre (de taille). Qui ne souhaite pas travailler chez soi dans un cadre agréable, qui plus est un logis, voire un demi-château, on comprend mieux ainsi que le locataire aulnaysien ne bénéficiant pas de cette chance, puisse imaginer se livrer à des jeux sado masochistes à l’insu du plein gré de policiers œuvrant corps et armes à la salubrité tranquillité publique. Ainsi Pénélope se protège de tout burn out possible, toute à son développement personnel, et l’épanouissement de l’ambition de son mari, faisant disparaitre -très, très discrètement- ainsi tout lien hiérarchique possiblement néfaste à la pleine réalisation de sa personnalité sans se faire brimer par les armées mexicaines des chefaillons des effectifs de multinationales agressives.

 

Être chez soi permet aussi une présence attentionnée auprès de ses enfants, d’adapter ses horaires à ceux du catéchisme, de la messe hebdomadaire et des manifestations du Lion’s Club, et placés sous la bienveillance paternelle, ils peuvent ainsi poursuivre leurs études avec efficacité, tout en découvrant de manière très précoce les affres du salariat par une modeste fiche de paie de cadre, cependant très inférieure aux cinq chiffres paternels, ce qui peut motiver par l’exemple -très, très discrètement- une jeunesse par trop sujette aux tentations de toutes sortes, de l’utopie gauchiste à l’énervement anarchique, la campagne, non présidentielle mais naturellement riche, apporte ainsi une distance protectrice certaine vis-à-vis des plaisirs enfers urbains.

 

Puis qui peut prétendre à présenter un tel bilan carbone, proche de zéro, limitant ainsi ses déplacements au strict minimum afin de ne pas bousculer son ordre privé, n’encombrant pas le périphérique parisien tout comme les locaux du parlement, cet éloignement -très, très discrètement- écologique face à l’insupportable pollution des agglomérations, cela personne ne l’a vu.

 

Oser habiter –très, très discrètement- dans un chef-lieu de canton n’est-il pas non plus œuvrer efficacement contre l’exode rural et résister à la désertification des provinces, tout en redistribuant utilement son argent équitablement sur le territoire régional, aux artisans d’art ou au petit personnel ouvrier œuvrant à la rénovation et à l’entretien des cuisines et dépendances, nécessaires aux besoins d’une famille fort nombreuse, sans compter une participation –très, très discrètement- concrète au maintien de l’activité de l‘agence du crédit agricole locale.

 

Pénélope pouvait-elle faire autrement que d’accepter ces émoluments pour mettre en œuvre –très, très discrètement- et prouver la validité, de la théorie du ruissellement défendue par son illustre mari. Si les riches ne s’enrichissent pas, comment pourraient-ils faire espérer aux pauvres de pouvoir un jour peut-être, de devenir un peu moins pauvre, tout en payant la dette de ce pays, creusée par ces mesures collectivistes impensables que sont les services publics, la sécurité sociale et le droit à la retraite. Et puis qui aujourd’hui refuserait un salaire, cela fait une chômeuse de moins sur les chiffres de Pôle emploi, et conforte une mère de famille pas dans le besoin, mais comble ses besoins, sauve une galloise des dangers du Brexit, et permet surtout à une personnalité locale de paraitre –très, très discrètement- aux bonnes œuvres dirigées vers la populace prolétaire qui sans cette pieuse générosité, ne saurait à qui donner sa voix et serait alors tentée de l’exercer dans la rue, susceptible de réactiver une nouvelle révolution, chose tout à fait impossible sans le contrôle de l’élite républicaine bien née, bien rémunérée et bien élevée, normalité obligée du pouvoir que tous les anti systèmes de 2017 revendiquent, par ailleurs.

 

Pénélope a sacrifié son attachement aux valeurs du travail en essayant avec courage et abnégation pendant de si longues années d’être payée sans travailler, cela non pas pour valider le subversif salaire universel (pas minimum, Pénélope se doit de garder son rang tout de même), mais bien lutter contre ce nouveau jouet des gauchistes hédonistes qui se permettent de critiquer en termes acerbes celle qui l’a mis en pratique  vingt ans avant eux, pour y renoncer comme prévu, - très, très discrètement- après avoir vraiment bien testé tous les inconvénients de cette situation durant ces presque vingt longues années à percevoir un si maigre salaire , il fallait le faire même au prix d’une souffrance intolérable devant sa propre famille, dont deux des enfants mis à l’essai eux aussi quelques mois, préférèrent opter pour la robe plutôt que le hamac. Pénélope déconseilla -très, très discrètement- à son mari, alors premier ministre de proposer la mise en œuvre d’un tel revenu même minimum à son gouvernement, elle a donc évité à la bourgeoisie française cette dangereuse voie -très, très discrètement- laxiste.

 

Elle évitera ainsi, pas très discrètement, à son mari d’être Président de la république. Quel sens du sacrifice, tout de même, d’avoir eu raison avant tous ces envieux.



09/02/2017
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