Les billets de Joseph

Les billets de Joseph

Ce que nous disent les brutes

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Peu importe qu'ils aient accédé au pouvoir par la représentation démocratique ou bien une autre représentation de la démocratie, si fictive soit-elle. Une fois aux manettes, ils sont au dessus des lois ou presque, puisqu'ils font celles-ci. Alors les masques tombent, le binaire de la loi du talion rejoint le binaire de leurs discours, le binaire de leur ambition personnelle celui de leur ego boursouflé. Ce binaire de leur propre récit du monde n'a même plus besoin de réalité, ce combat entre bien (eux) et mal (tous les pas comme eux), soi-disant moral. Fictif aussi, puisque le pouvoir leur donne la croyance de fabriquer un monde à leur image et de fait, l'asservir à leur seul service. Avec les outils de l’État et sa si mal-nommée raison, la défense de leur nation devient alors leur unique justification, la puissance de leur pays, l'unique prétexte à l'emploi de tous les moyens possibles pour exercer leur suprématie, et par là-même étancher leur soif de domination. Avec la force vient alors la soumission de leurs affidés et l'élimination de leurs adversaires, leurs discours nomment les dangers, vous pourrez remarquer que leurs ennemis sont toujours personnifiés, ils ne combattent jamais des idées mais toujours d'autres hommes (même faibles, oui, c'est bien plus facile...), ou d'autres ambitions qui pourraient simplement remettre en cause leur exercice, du leurre pourrais-je écrire. Nous assistons ainsi à la compétition des nations, réduits à en être de simples figurants : jouets, victimes ou spectateurs, juste les idiots utiles à la construction d'un nouveau droit divin, le leur, telle une éternelle élite refondée sans cesse.

 

On nous dit «Trump !». Oui. Ce clone est juste l'incarnation du retour de la suprématie américaine, le monde a changé , il réimporte donc ce que la famille Bush n'a pas réussi à exporter, puisque Obama, sympa, a bien entretenu la machine. Trump reconstruit ainsi à sa façon, les murs détruits de Yalta par l'argent de ses parents (pas avec leurs impôts, comme lui, ils n'en payaient pas), mais sur d'autres frontières, le déterminisme racial en lieu et place du déterminisme idéologique. La mondialisation n'est plus assez américaine à son goût, il ne veut donc plus jouer, mais bien reprendre la partie avec sa seule règle du jeu. Faut comprendre, il est juste un milliardaire immobilier, il n'a pas pu accéder au volant d'une multinationale et les libertariens de la silicon valley lui ont piqué la place de dieu du profit qui inventera l'homme machine dématérialisé. Alors il s'est rabattu, petit bras, sur la téléréalité politique et se contentera d'instrumentaliser le pré carré de son pays, laissant d'autres clones, Poutine, Assad, Erdogan ou la perfide Albion tenter leur chance, dans la limite du respect des propres intérêts étoilés, le cynisme meurtrier en bandoulière.

 

On nous dit «L'Europe !». Les personnages cités plus haut démontrent un peu plus son inexistence, pire, elle a fabriqué ses propres trumpeurs. Récompensant les économies fortes, vampirisant les faibles, professionnalisant le fascisme européen via le suffrage universel, soumettant les peuples à des normes ineptes et leur administration, commerciales, qui n'ont jamais garanti ou protégé aucunement les droits sociaux, fabriquant une fédération bidon sur l'autel du plus petit dénominateur partagé : le profit. Les biens communs et les droits humains soi disant fondateurs, égarés en chemin, n'étaient donc là que pour le décorum. Le dernier argument encore débout, la paix, est bien vacillant, la guerre économique nous transperce et nous soumet comme les autres, quant à l'autre guerre, les Balkans ne sont pas si lointains.

 

On nous dit «La France !». A en croire tous ces candidats batifolant dans nos villes et nos campagnes , le monde entier nous attend pour le changer, moins de 0,9% de la population mondiale va par son seul bulletin de vote résoudre tous les problèmes que tous les pays du monde subissent, et de s'isoler de sa réalité par le miracle du douanier et du patriotisme tricolore. Nous avons donc le choix : un banquier anti-système, gendre idéal qui fédère autour de lui tous les demi mondains de la politique; un libéral dur, qui se disait honnête, nous promet la diète contre la dette (compris le demi million d'€ de son épouse et les turpitudes abyssales du président dont il a été l'unique premier ministre), ou encore un ex-ministre fan de l’État fort, du droit de vote obligatoire, compréhensif avec le pré génocide tibétain mais insoumis comme personne sur youtube, et puis une fasciste issue d'un népotisme familial raciste et colonialiste financée par ses succès électoraux.

Le dernier vient de sortir de la boite, à l'insu du plein gré du cambadéchiffres, nous évitant une sorte de Napoléon d'une abjecte arrogance, pour le gentil mari d'une salariée de LVMH, bien propre sur lui, sensible avec les pauvres, les chômeurs et les amis de la nature, cela par simple conviction, immaculé d'une soudaine conception apparue au bout de trente-cinq années d'adhérence patiente à l'appareil socialiste, qui traumatisé pourtant bien benoîtement, risque d'imploser sur cet improbable gag.

 

On me dit encore aujourd'hui « salaud de pauvre » bien plus souvent que « salaud de riche», même le broyé par le système, qui aura sans doute besoin de solidarité le jour de bise (de judas) post électorale venu, continue de recracher le triptyque tiédasse travail-famille-patrie de ce pétainisme newage et répète à l'envie le discours matraqué par les beaux parleurs des sept milliardaires. Un berger humaniste niçois, un basque chapardeur de fauteuil bancaire ne suffisent plus à retourner la tendance et piquer cet inconscient, celui qui n'a ni travail ni richesse maudit ses semblables, et se fait curieusement le défenseur des urnes qui le condamneront. Il ira donc se faire voir chez les grecs, tout en maudissant les morts de peur ou de faim qui traversent la méditerranée, se croyant être dans une file d'attente différente de la chaîne d’abatage en marche, simple complice de la brutalité qui va lui être appliquée, un peu plus forte qu'elle ne l'est déjà, on dirait qu'il s'y fait, tellement bien conditionné, ficelé comme un rôti, prêt pour la boucherie.

 

Où est-ce que j'ai mis mon flingue ?



29/01/2017
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