Les billets de Joseph

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Je ne jouerai plus de la trumpette

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Trump est élu, pourtant le soleil s’est levé ce matin, je suis toujours vivant.

 

Les bourses et les marchés financiers retrouvent leurs marges, ils ont juste spéculé et engrangé sur la peur, comme d’habitude. Hillary a fait la paix avec Donald, qui en retour a fait le canard avec Barack. Le mur mexicain semble perdre déjà quelques pans avant d’exister, les analystes s’aperçoivent que les états les moins touchés par le chômage se sont joints aux hauts revenus pour voter majoritairement républicain ou encore que le taux d’abstention dépasse les 50 % ; les vrais bernés par « l’establishment » manifestent sporadiquement dans les rues. Trump redevient gentil, à la façon polie des fayots premiers de la classe, sûrs de leur supériorité hypocrite. Il a quatre mois pour préparer son affaire. Cette partie de catch, il fallait juste y passer, et surtout la gagner, à vil prix, cela va sans dire.

 

Tout ça pour ça.

 

Les médias regorgent d’éditos alarmistes et de questions sans réponses claires, nos politiciens de réponses martiales, sans questions. Les militants politiques de tout bord se dépêchent de faire tenir un raisonnement compatible avec leurs espoirs en carton, leurs vaines stratégies et leurs lendemains qui chantent pour un peuple qui n’est pas celui qui vient de voter, hein, mais le vrai peuple, celui qui votera pour eux, c’est sûr, dans un siècle au moins. On se demande bien ou est le peuple américain qui a choisi entre ces deux ectoplasmes télévisuels et comment pourrait-il se sauver sans les gauchistes, lui qui ne les a jamais attendu pour survivre depuis toujours mais chut, faut pas leur dire, sinon ils s’énervent et vocifèrent, sans parler de ceux qui s’égarent à s’identifier au milliardaire de la télé réalité devenu presque roi du monde.

 

Sexistes, racistes, ultralibéraux, dirigés par les milliardaires, tels sont les futurs avenirs des Etats-Unis, Ah bon, cela n’était pas déjà le cas ? Je dois être le seul à ne pas voir la couleur de peau des tués sans sommations par la police américaine, les écarts de salaire et la précarité du peuple féminin étasunien, et il est prouvé que Doubleiou a ordonné les tempêtes du désert pour contredire les puissants lobbies industriels de son pays. Chez nous, nos urnes valent à peine plus cher, nos médias des 7 milliardaires non plus, et produiront des résultats semblables même s’ils n’auront jamais de réalité identique.

 

L'éternel recommencement  des démocraties « occidentales », une campagne électorale où il se dit n'importe quoi, dans cette course à la démagogie, à l'excès, y compris dans la haine, maintenant que l'espoir est obsolète. Le résultat validé, tout ce monde se rabiboche tant bien que mal pour pouvoir jouer le prochain match. Ensuite, viendra le troisième tour, Trump y fera bien ce qu'il voudra ou pourra, le congrès lui étant acquis. Seul le principe de réalité le freinera ou l'accélérera ( à vos abatis, mes frères!) , selon le courage et les lâchetés de sa folie, comme Hollande, Sarko et Obama avant lui -le dernier ayant la faible excuse de 6 ans avec un congrès lui étant hostile-. Cela sans rapport ou presque avec ces délirantes campagnes électorales.

 

Envie de distribuer des paires de baffes, pas de quartier, comme Lino dans les tontons, fortes mais le sourire en coin de celui à qui on ne la fait plus.

 

Commençons par les ricains, qui éliraient un gars hors-système, je m'étouffe. Elle est bien bonne celle-là, Un milliardaire ...qui le fabrique ? qui l'entretient ? quel est son quotidien ? Oui, mais Trump, l'héritier même pas self-made-man, (shame on you, Donald!) sait dire des gros mots et être vulgaire, faire son bourrin avec les filles, son raciste avec les petits blancs frustrés et même son pleurnicheur avec les ouvriers de Détroit, benêts chômeurs du capitalisme pur jus, c'était donc de bien trop solides compétences pour douter des urnes. Et  l'on peut se demander ou sont leurs neurones aux states, lorsqu'ils croient à la fable du protectionnisme pour leur pays qui a encore l'une des balances commerciales les plus balèzes de la planète (hors-asie, hein), et vénère la putative baisse des impôts, mais pratique depuis toujours les larges remises fiscales à ses entreprises (comment Boeing ou les vendeurs d'armes US gagnent les marchés...). 

Ainsi les contribuables américains, comme les européens, alimentent la rente privée, depuis bien plus longtemps que nos récents 50 milliards au patronat sans contrepartie. Comment croyez vous qu'elles se sont fabriquées puis mondialisées leurs multinationales, y compris avec l'aide de l'armée ou de la CIA, si besoin. Ça ils le savent, les électeurs américains, sauf que leur domination se délite, l'Amsud les a viré ou presque, les chinois leur ont subtilisé l'Afrique, L'Europe est devenue une concurrente inutile, les russes se remettent à jouer la guerre froide et le moyen-orient est le tombeau ouvert des GI's. Trump, tel un Le Pen de notre décolonisation mal digérée, remue l'impérialisme économique pas tout à fait mort et un désir de puissance dominatrice nationale très affaibli aujourd'hui. Les américains semblent découvrir que le monde existe, qu'il est plus performant qu'eux sur leurs propres terrains. ils tremblent donc, et votent pour le premier clown providentiel venu qui leur promet le come-back mondial, le strike avec ce style caricatural propre aux gros beaufs des séries Z des télés américaines d'avant internet.

 

Passons ensuite aux paires de claques aux médias, qui ne sont aujourd'hui que l'instrument de leurs propriétaires, devenus des faiseurs de roi plutôt qu'informateurs du peuple. Leur existence ne dépendant que de leur audience et pas de leur intelligence, ils courent après le buzz, plus que jamais. Cette quête toujours matinée de l'absolue nécessité d'être le premier à publier le méga scoop s'accompagne curieusement d'un réflexe suiviste dès qu'ils ne sont que seconds à le faire.

Peut être dans le même geste pavlovien que ces peuples qui n'élisent pas leur représentant, mais bien leur chef sciemment, lui remettant ainsi une volonté de domination sublimée avec tous les pouvoirs, un futur qui ressemblerait tant à leur passé national muséifié. Les médias ne se transforment-ils pas non plus en des dames Irma de seconde zone, traquant le futur plutôt que nous faire le récit du présent, devenant de simples charlatans, vendeurs de tornades émotionnelles dans les vides cervicaux disponibles, pour ne finalement créer de la notoriété qu'aux têtes de gondoles qu'ils promeuvent, les pires devant évidemment, le trash gagne à tous les coups avec les foules.

 

Puis mes dernières gifles pour Donald himself, pour ce qu'il va faire à partir de janvier, pour le dissuader de nommer au trésor américain un gars de la défunte banque Morgan ou un autre de Goldman Sachs, voire les deux, de nommer à l’environnement un négationniste climatique et mieux encore Trump junior (chasseur donc grand ami de la nature...) à la gestion des parcs nationaux, ou bien encore de rentabiliser son armée en se faisant rémunérer par les coréens, les japonais, les philippins ou les émirats du Golfe, pour la défense de leurs intérêts, qui dévoilés ainsi, démontrent que le pragmatisme trumpique (du cancer) consiste surtout à faire encore plus de fric tout en regagnant les parts de marché de la domination d'un monde devenu trop complexe pour le binaire des primaires électorales.

 

Je ne parlerai pas du camp d'en face, nommé "démocrates", une étiquette aussi sincère et véritable que la "socialiste" de chez nous, comme à chaque fois, ils se sont situés dans cette élection uniquement par rapport à leur adversaire, faute de pouvoir prôner le choix d'une autre société, faute de venir d'une autre élite, juste caviardés par quelques gadgets sociétaux et intellectuels, très insuffisants face à la violence du monde commun qu'ils partagent avec Trump. Voter pour la même pièce, pile ou face, quelle importance.

 

Tout est donc affaire de gestion et pas du tout de politique, le cynisme électoral préfigurant celui de la gouvernance d’état. La seule et triste concurrence des égos subsiste, course du mensonge et des ambitions, au mépris de nos existences, même la vie électorale n'est pas dispensée de vacuité, par les monstres spectaculaires y œuvrant, et masquant la simple conservation de ce monde injuste et financiarisé.



13/11/2016
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