Les billets de Joseph

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Rory Gallagher, 21 ans déjà et pour toujours

 

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Le 14 juin 2016,  vingt et un  ans qu'il a abandonné ses fans, les laissant tous... seuls devant leur bière, pour se mettre dans sa dernière. Et la légende du rock’n’roll prête à la question « Jimmy Heindrix . qu'est-ce que ça fait d'être le meilleur guitariste au monde ? », cette réponse inattendue « J'en sais rien, demandez à Rory Gallagher ».

 

Rory était un foutu irlandais, né 1948 au rock-hospital (!) de Ballyshannon. il avait une bonne tête le prolo qui déjà enfant, jouait de la guitare. ll est devenu professionnel dès son adolescence, comme musicien de showbands, des sortes de groupes de variétés des 60's,puis après et sous son impulsion, il fut membre d'un groupe de rock irlandais qui s'appelait Taste, il eut son petit succès sur la scène rock, jusqu'au festival de l'île de Wight.

 

Ce bon gars, vêtu d'un éternel jean et de chemises de bûcheron, à l'image de son blues et de sa simplicité calme, ne faisait pas de concession, et peu lui importait sa famille catholique pour jouer avec des protestants, il ne se mêlait pas de politique, était peu intéressé par l'argent ou les hits, il a toujours voulu se concentrer sur sa musique et être libre d'en faire comme il l'entendait, ce qu'il fit. Il a ainsi, dès le début 1970, décidé de faire carrière sous son seul nom. Les cheveux sur les épaules, des rouflaquettes toutes britanniques, armé de sa Fender Stratocaster 1961, il a conquis le monde, enfin surtout l'Europe et un peu, l'Amérique du Nord, et vendu plus de 30 millions d'albums. Pas de frasques, pas de starlettes, pas de châteaux, pas de scandales, pas d'héritiers, juste un mec comme vous et moi, il parait qu'il n'a longtemps pas eu de maison. Le seul monde qu'il habitait, était le blues et la scène, mâtinés de rock.

 

Mort à 47 ans, trop tôt mais c'était vingt trop tard pour le panthéon. Oui, il n'avait pas voulu de son nouveau foie, l'ancien étant hors service bouffé par l'alcool et les médocs, une greffe avait réussie mais son rejet lui fut fatal. Certes, le mec Gallagher ne suçait pas que de la glace, mais il assurait ses 200 concerts par an à travers le monde, et donnait tout à ses fans, que ce soit dans un bouge ou dans un stade, deux ou trois heures de concert était le minimum syndical. Il a donc peut-être un peu abusé de la béquille « chimique » pour les voyages psychotropes et aussi pour lutter contre une phobie de l'avion, nous dit sa gentille légende, mais surtout pour la bonne cause, la nôtre, trop occupé par sa musique et son partage avec un public fidèle.  Il n'a laissé que cette trace musicale entre rock et blues, très blues, teintée d'accords celtiques, mais définitivement rien à la rubrique people.

 

Ce nom vous dit quelque chose mais vous ne connaissez pas vraiment son histoire, ni sa musique. Pour l'histoire, il n'y a déjà plus grand-chose à dire, il n'était pas très marketing le gars Gallagher vous l'aurez compris, un authentique, pas un tricheur, ni un poseur. Passons donc à la musique. Un comble d'avoir un meilleur guitariste du monde et de constater l'indifférence actuelle à son endroit. L’industrie musicale a bien sûr ressorti quelques compilations et albums post mortem, pas forcément mauvais d'ailleurs, mais le présent blogueur restera sur l’œuvre de son vivant, refusant définitivement l'enterrement du mythe, en gardant le vrai, laissant le culte.

 

Pour (re)découvrir Rory Gallagher, le mieux est d'écouter ses trois albums « live». Pour simplifier beaucoup, ou au contraire compliquer pour les néophytes. Le premier, « Live in Europe », c'est du blues, le deuxième, «  lrish tour74 « , c'est un monument du blues rock, le troisième « Stage struck » du rock-hard parfois. Le monsieur était fait pour la scène, la plupart du temps en trio ; Basse et batterie pour la rythmique, la guitare et le chant pour lui. Oui, basique, même que, en ce temps-là, ou la musique n'était pas encore dématérialisée, nous avions les vinyles noirs qui craquaient toujours un peu au bout d'un moment, quand ils ne se rayaient pas définitivement, et les K7, qui lorsqu'elles vieillissaient mal transformaient l'autoradio en fabrique d'infinies guirlandes fines et brunes. Un pur bonheur. Sortez au moins votre vieil ampli pour l'écouter, celui à lampe, si vous  l’avez, car le son du smartphone ou du portable risque de transformer cela en bouillie.

 

Rory jouait donc fort, s'écoutait fort, ça déménageait tellement quelque fois que l'on pouvait croire qu'il y avait deux guitaristes, une rythmique et une solo, et non, il était bien tout seul à produire tout ce blues. Bruit rock d'ailleurs qui était toujours mélodique, sa voix pleine et posée rarement inaudible, claire sur les albums studios, certes limitée en amplitude trouveraient certains puristes comme souvent chez les bluesmen. Sur scène, c'était une ambiance, une énergie saine, celle du plaisir et du partage, une faculté à improviser parfois des variantes de ses propres solos virtuoses, et d'offrir des morceaux jamais enregistrés en studio. Sa culture irlandaise, transparait par des accords ou des traces de folk et le recours à de « douces » ballades dans quelques moments de calme sur ses disques ou lors de ses concerts. Ce qui démontre s'il en était besoin, avec l'emploi d'instruments classiques (Harmonica, accordéon, mandoline, saxophone et même piano), que sa dextérité reposait bien sur une solide pratique, loin de certains « guitar-heroes » un peu surfaits, Rory Gallagher était un vrai musicien, unique, avec ce goût si particulier du blues qui accompagne sa disparition.

 

Ses albums «« live »»

 

. 1972: Live in Europe

. 1974 : lrish Tour'74

. 1980: Stage Struck

 

Ses albums

 

.1971 : Rory Gallagher

.1971: Deuce

.1973:  Blueprint

. 1973: Tattoo

. 1975: Against the Grain

. 1976: Calling Card

. 1978: Photo-Finish

. 1979: Top Priority

. 1982  Jinx

. 1987 : Defender

. 1990 : Fresh Evidence

 

Je conseille, sans obliger, les classiques Deuce ou Tattoo, le sans surprise Top priority, et le dernier, Fresh évidence, qui annonçait une ouverture du bluesman vers d'autres musiques et instruments, sans suite, malheureusement. Son frère, Donald, a en 2003  sorti un album post mortem; Rory -avec une horrible pochette- mais respectueux du frérot

 

Pour les fans :  Sur ce lien, le documentaire «  Ghost blues », sympathique, sur Ia vie du monsieur, évoquée  Donald, et quelques locaux comme The Edge des U2 ou Bob Geldof. On y apprend même que Rory faillit intégrer les Rolling stones, mais renonça pour rester libre de ses mouvements et du système.

 

https://www.youtube.com/watch?v=DpdNlKm2DJo

 

Sur cet autre lien:  https://www.youtube.com/watch?v=POmlNUeMXZA   un mini concert d'une demi-heure, en 1980, incroyable époque où il y avait du rock, le dimanche sur la lucarne du service public, si, si.

 

Quelques titres -live forcément-  montez le son, amenez les pintes, appelez les potes et ayez une amicale pensée pour Rory Gallagher.

 

 

 

 

 



07/06/2016
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