Les billets de Joseph

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Société anonyme à irresponsabilité illimitée

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Dans les informations qui viennent, il en est une qui serait en train de prendre de l’ampleur. Les médias s’apercevraient -enfin- que de parler souvent d’un fait ou d’une personne, que ce soit en bien en mal, en photo, ou en analyse, lui apporte ce qu’on appelle de la notoriété, oui, le début du chemin qui mène à la célébrité, qui ne peut durer qu’un quart d’heure quelquefois, ou mieux à la postérité, et peut être visible par diverses traces physiques laissées sur terre ou mieux encore, celle carrément lisible, inscrite dans le marbre des livres d’Histoire, meilleure qu’un monument ou une avenue à son nom, le rêve ou la consécration de nombre de vaniteux, dont nos tout-petits hommes politiques actuels.

 

Les médias et leurs éditocrâtes ignoreraient donc tout du marketing, et de sa puissance, comme de ses messages subliminaux ou répétés à foison, de la technique de base qui se nomme publicité. C’est incroyable, non, d’être irresponsables à ce point. Répéter une marque sur le web, le papier ou les ondes améliorerait son taux d’identification, mais quelle surprise, simple et efficace, une mécanique rudimentaire redoutable dont tout cerveau humain aura du mal à s’affranchir, sans une solide éducation à la consommation intelligente (si, si, ça existe il parait) et au tri critique des informations (cela existe il parait, aussi), de cette info calibrée dont tous ces messieurs cités plus haut  nous abreuvent en permanence.

Une belle hypocrisie que cette découverte, sinon pourquoi, croyez-vous que nos milliardaires continueraient d’acheter moult journaux déficitaires, chaînes de télés ou sites web non rentables, si ce n’est pour faire discrètement ou bollorément, l’autopromotion de leur personnes, de leurs marques et entreprises, de flatter leurs réseaux, d’y recevoir les politiciens qui les arrangent  et à l’inverse, de ne pas diffuser ce qui leur déplait, soit en n’en parlant pas, soit en parlant d’autres choses bien plus futiles et mieux, en  saturant l’espace-temps de cerveau restant disponible pour éviter que les masses ne puissent regarder ailleurs ou être tentés par d’autres choses plus dangereuses à la tranquillité aisée de la croissance de leurs affaires. Les milliardaires font relayer ainsi les mises en scène préparées à l’avance du personnel politique (droite ou gauche, on sait aujourd’hui qu’aucune des deux n’est là pour changer ou même réformer le système mais bien le préserver et le renforcer) ou pire, devant des assemblées publiques triées sur le volet, sans chaises vides et avec la claque qui va bien, acquises d’avance, donc pas trop exigeantes sur les discours prononcés alors.

 

Anonymiser les auteurs d’attentats, oui mais pas seulement. Ah, zut, ils n’ont rien de prévu avec … anonymiser afin qu’ils ne restent pas dans le paysage médiatique, afin que du haut de leur paradis promis, ils ne puissent après, pouvoir croire qu’ils vont contempler  leur score macabre, se gargariser de leur mort de criminel de masse, se repaitre de la douleur de leurs victimes, et obtenir l’orgasme de haine et de peur attendu par leur boucherie à usage unique. Et ils le feraient comment d’après vous, tout cela au milieu de leur soixante dix vierges ou de leur folie psychopathe, et bien,  par le même canal que leur franchise daech, nos médias et nos hommes d’État -d’urgence, hein-, car même s’ils ne sont pas morts en djihadiste, l’EI se chargera de les déguiser,  nos chers mainstream de gober le tout et le diffuser tant que l’audience est là. Gratuit et efficace. Les propriétaires des médias sont trop contents, pas besoin d’envoyer beaucoup de journalistes, le matériel est fourni gracieusement par l’assassin de service, fou de religion ou pas, et le suivi assuré par la police ou la justice, pour mieux nous capturer dans les écrans, et nous tenir par nos tripes procastrinatrices le plus longtemps possible, puis  les commémorations assurent ensuite  une fourniture de drames en vrai (vu à la télé !)  toujours renouvelée.

 

Oui, et nous  pourrions anonymiser bien d’autres gigolos égotiques néfastes à notre émancipation près tout, comme les footballeurs, tennismen et autres pétés de thunes de l’usine à rêve, les gagnants de la française des jeux, les goinfres inutiles du grand patronat, les peoples fabriqués par ces mêmes médias, et pas seulement ceux des salles d’attente, les chanteurs has been qui braillent la même scie depuis un demi-siècle mais qui changent de girl ou de boy friend souvent, ou font des bébés, voire des déclarations buzziques (écrites par leur chargé de com’)  afin de revenir à la Une, et réactiver leur royalties, j’en passe et des plus faux, mais on m’annonce dans l’oreillette que je suis hors sujet.

 

Certains tortillent de l’argument pour s’opposer à la disparition des photos avec CV de nos tueurs, pourtant, attendez que la fréquence des attentats augmente, vous pourrez alors vérifier que cela est possible, on s’y fera, ils y arriveront à beaucoup moins en parler, lorsque cela ne nous sera plus supportable et moins rentable pour eux, ils trouveront d’autres rengaines, ajusteront les marronniers horrifiques pour retrouver l’audience, mais ce sera toujours eux qui décideront de l’ordre du jour des informations, même surabondantes. Vous parle t on encore des presque  mille personnes qui meurent d’accident travail chaque année, des dix mille suicidés annuels, des cinq millions de chômeurs, des 15% de français vivant au dessous du seuil de pauvreté. Avez vous avez eu un seul nom d’entre eux (les prénoms ont été changé comme ils disent), non. L’identité des milliers qui continuent de se noyer en méditerranée a-t-elle fait l’objet de listes publiées, non, et sans la bonne photo, Aylan aurait fini tout aussi anonyme et mort que les autres.

 

Les médias découvrent donc tout à coup qu’ils auraient une responsabilité déontologique, et influenceraient l’opinion, que l’argument hypocrite du lecteur adulte ne suffit plus pour justifier de leur transformation en machine à conditionner, à terroriser ou à déshumaniser pour mieux vendre, défendre notre société telle qu’elle est, et surtout in fine, nous dire de quoi il faut parler -certains penseraient volontiers à notre place, pauvres incultes que nous sommes- Pourtant, ils n’ont pas de mémoire, et n’ont jamais fait de mea culpa, même lorsqu’ils se sont laissés séduire , entre autres, par un nabot à talonnettes, et bien avant, quand ils étaient étonnamment fascinés pour un borgne tortionnaire et fasciste qui posait soi disant les bonnes questions, inepties ou nous mènent tous les politiques qui veulent y répondre. Ces deux exemples sévissant toujours, rappelons-le.

 

Ils ne découvrent pas leurs responsabilités, ils vidangent leurs irresponsabilités devant les carnages passés, présents et à venir. Agitant le hochet de l’anonymat pour solde de tout compte, alors qu’ils ont repris et reprennent encore toutes les vidéos virales de la poubelle internet,  interviewé un homme devant le cadavre de son épouse, ou parlé avec des otages en direct de l’hyper casher. Difficile à ne pas croire que cette annonce n’est qu’un probable leurre sans lendemain dans leur course à l’info suiviste et trash qui n’aura pas de fin, comme l’avidité de pouvoir et de monnaie de leurs propriétaires, mais avec la bénédiction de nos parlementaires toujours soucieux d'être dans le journal en parangons du républicainement correct.

 

Sans moi, les faucons et les vautours.

 



31/07/2016
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